Politique
🇦🇷 ArgentineL'article 129 A Remplacé L'ancienne Municipalité Dépendante Du Pouvoir Fédéral Par Un Régime Autonome Doté De Son Propre Pouvoir Législatif

La défense de l'autonomie constitue un véritable devoir institutionnel des autorités de la ville de Buenos Aires, selon un article d'opinion marquant les trois décennies écoulées depuis la réforme constitutionnelle de 1994 qui a accordé à la ville son autogouvernance. La réforme de 1994 de la Constitution nationale argentine a transformé le statut juridique de la ville de Buenos Aires. L'article 129 a remplacé l'ancienne municipalité dépendante du pouvoir fédéral par un régime autonome doté de ses propres pouvoirs législatifs et juridictionnels et d'autorités directement élues par les habitants.
Trente ans plus tard, cette autonomie reste pourtant, à certains égards, une promesse en construction. Le mandat constitutionnel s'est rapidement heurté à des limites importantes dans sa mise en œuvre. En 1995, le Congrès a adopté la loi 24 588, dite loi « Cafiero », destinée à garantir les intérêts de l'État national tant que Buenos Aires restait la capitale de la République.
Mais la loi est allée bien au-delà de la protection des fonctions strictement fédérales et a conservé entre les mains de la Nation des pouvoirs qui ont gravement conditionné le développement de l'autonomie de la ville. La question était particulièrement évidente dans le domaine judiciaire. Alors que les provinces exerçaient pleinement leur juridiction ordinaire, Buenos Aires restait soumise à une structure dans laquelle une grande partie de son système judiciaire restait – et reste – sous contrôle national.
Cela a créé un paradoxe institutionnel qui persiste aujourd'hui une ville reconnue autonome par la Constitution nationale, avec ses propres pouvoirs exécutif et législatif, mais sans pouvoir judiciaire complet. Face à ces limites, la Constitution de la ville de Buenos Aires, promulguée le 1er octobre 1996, a pris une position sans équivoque. Dès son préambule, elle a proclamé comme l'un de ses objectifs fondamentaux « d'affirmer son autonomie » et d'organiser ses institutions dans le cadre de l'union fédérale.
Son article 1er a établi un principe d'une importance considérable la ville exerce tous les pouvoirs non conférés par la Constitution nationale au gouvernement fédéral. La deuxième clause transitoire était tout aussi significative, reconnaissant que certaines dispositions ne pouvaient pas prendre effet immédiatement en raison des limites imposées par la loi 24 588, mais établissant que cette impossibilité ne persisterait que jusqu'à ce qu'une réforme législative ou des tribunaux compétents permettent leur application. L'article 6 de la constitution de la ville impose aux autorités constituées un « mandat exprès, permanent et irrévocable » d'épuiser les voies politiques et judiciaires pour préserver l'autonomie et contester toute norme limitant ce que la Constitution nationale établit.
Dans le domaine juridictionnel, le tournant est venu avec un arrêt de la Cour suprême de 2015 dans l'affaire « Corrales, Guillermo y otro s/hábeas corpus », qui a déterminé que le caractère national des tribunaux ordinaires de la capitale fédérale était purement transitoire et a exhorté les autorités à garantir à la ville le plein exercice de ses pouvoirs juridictionnels. Un an plus tard, dans l'affaire « Nisman », la Cour a approfondi cette doctrine en établissant que les tribunaux nationaux ordinaires ne peuvent être assimilés aux tribunaux fédéraux siégeant à Buenos Aires. Le processus a atteint un point décisif dans l'affaire « Bazán, Fernando s/amenazas » de 2019, où la Cour a ordonné à la Cour supérieure de justice de la ville de résoudre les conflits de compétence entre les juges non fédéraux de la ville, qualifiant le retard dans le transfert de la justice nationale d'« immobilisme » des pouvoirs constitués.
Le même jour, dans Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires c/ Provincia de Córdoba, la Cour a reconnu l'accès de la ville autonome à sa juridiction d'origine à des conditions comparables à celles des provinces. La ville a ainsi commencé à être expressément reconnue comme un sujet à part entière du fédéralisme argentin. L'autonomie de Buenos Aires a de nouveau été mise à l'épreuve pendant la pandémie.
Source : Clarín
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